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Nord de la Scandinavie · prévisions d’aurores boréales pour les prochaines nuits AuroraRadar.pro

Découvrez où et quand vous avez le plus de chances de voir des aurores boréales dans le nord de la Norvège, de la Suède et de la Finlande – des Lofoten et de Tromsø jusqu’à Abisko, Kilpisjärvi et la Laponie finlandaise. Une simple note de 0 à 100 (elle tient compte de la prévision Kp de l’activité aurorale, de la météo et de trois couches de nuages – et, pour l’heure en cours, de la mesure en direct du Bz du vent solaire) vous indique s’il vaut la peine de sortir.

Mais ce n’est qu’une prévision, et sur la côte norvégienne la météo peut changer en une heure : pensez à actualiser la page et les mesures. Indiquez votre base, et le classement n’affichera que les lieux que vous pouvez atteindre à temps.

Choisissez une région ou un lieu précis sur la carte et vérifiez vos chances. Et si vous voulez en savoir plus sur l’aurore elle-même – comment elle se forme, les chiffres affichés sur cette page et les satellites qui les mesurent –, jetez un œil au guide des aurores plus bas.

AuroraRadar.proScandinavie · prévisions d’aurores

Régions – où aller

Carte du nord de la Scandinavie (OpenStreetMap)
couleur de la région = note 0–100 touchez une région ou un point · ★ parc de ciel étoilé carte : © OpenStreetMap

La nuit heure par heure

Les chiffres de la bande aurorale sont une note de 0 à 100 : à quel point les conditions s’accordent à cette heure-là – activité aurorale, couverture nuageuse, obscurité, phase de la lune et pollution lumineuse des localités. Ce n’est ni un pourcentage de chance ni une probabilité : 100 signifie une nuit parfaite, ce qui n’arrive pratiquement jamais.

0–11 mauvaises12–29 moyennes30–54 bonnes55+ conditions excellentes
bande aurorale : plus claire et chiffre plus élevé = meilleure heure couches nuageuses à leur propre altitude : % du ciel couvert ; icônes : un nuage jusqu’à 33 %, deux jusqu’à 66 %, trois au-delà crépuscule (pas encore complètement noir) meilleur moment

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Maciej Budzich en bonnet au bord d’une piscine géothermale en Islande

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Classement des lieux

Choisissez une base, et le classement n’affichera que les lieux que vous pouvez atteindre à temps.

Magnétomètre en direct

Magnétomètre – chargement des données FMI…

Le magnétomètre au sol le plus proche du lieu choisi. Quand un fort courant auroral circule au-dessus de la station, le champ magnétique s’écarte de son niveau calme – une chute brutale de 100 nT ou plus signifie que l’aurore s’embrase en ce moment même.

Données : Institut météorologique finlandais (FMI), réseau de magnétomètres IMAGE, licence CC BY 4.0. Une mesure par minute ; le graphique montre des moyennes sur 5 minutes.

Vent solaire maintenant

Ce que signifient les chiffres

seuils de la NOAA, du FMI et de SpaceWeatherLive
Note 0–100un seul chiffre au lieu de cinq graphiques

Pour chaque heure de la nuit, nous multiplions quatre facteurs : l’activité aurorale (d’après la prévision Kp), un ciel dégagé, l’obscurité (le soleil est-il déjà assez bas ?) et la lune (plus elle est brillante et haute, plus les aurores encore visibles sont faibles ; sous l’horizon, elle ne compte pas). La note d’un lieu correspond à sa meilleure heure ; le « meilleur moment », ce sont les heures où la note reste proche de ce maximum. 100 signifie une nuit parfaite, ce qui n’arrive presque jamais. La note d’une région est celle du meilleur lieu de la région – car c’est là qu’il vaut la peine d’aller – et la description précise la couverture nuageuse sur le reste de la région. Les lieux situés en ville reçoivent un facteur supplémentaire de pollution lumineuse (p. ex. Tromsø – Telegrafbukta 0,51, Kiruna 0,45), car on ne voit pas une aurore faible sous les lampadaires.

0–11 mauvaises12–29 moyennes30–54 bonnes55+ conditions excellentes
Note « maintenant »la même formule, mais avec le vent solaire mesuré en direct au lieu de la prévision Kp

La prévision pour la nuit repose sur le Kp, une moyenne sur 3 heures pour toute la planète, qui a du retard sur ce qui se passe au-dessus de votre tête. C’est pourquoi, pour l’heure en cours, nous calculons aussi une note « maintenant » : à partir des mesures du vent solaire (Bz, Bt, vitesse, densité), nous estimons un Kp équivalent grâce à la fonction de couplage de Newell (2007) – plus le Bz est orienté au sud, plus le champ est fort et le vent rapide, plus l’énergie afflue dans la magnétosphère – puis nous l’intégrons dans la même formule avec les nuages, l’obscurité, la lune et la pollution lumineuse. C’est une estimation pour les 30 à 60 prochaines minutes, car c’est le temps que met le vent pour aller de la sonde jusqu’à la Terre. La note de la nuit vous dit s’il faut prévoir une sortie ; la note « maintenant », s’il faut sortir tout de suite. Une fois la nuit tombée, cette même mesure compte aussi sur la carte, dans le classement et sur le graphique : l’heure en cours de cette nuit prend son Kp dans le vent solaire plutôt que dans la prévision, si bien qu’un brusque regain d’activité apparaît aussitôt dans les couleurs des régions.

Kp (0–9)le degré de perturbation du champ magnétique terrestre

Un indice planétaire calculé toutes les 3 heures à partir d’un réseau mondial de magnétomètres (GFZ Potsdam) ; la NOAA en publie une prévision pour les jours à venir. Plus le Kp est élevé, plus l’ovale auroral descend vers le sud. Tromsø, Abisko et Kilpisjärvi se trouvent juste sous l’ovale : même avec un Kp de 1–2, vous y avez une chance par ciel dégagé, alors qu’à Rovaniemi mieux vaut un Kp de 2–3 ; à Kp 3–4, l’aurore est au-dessus de vous ; à partir de Kp 5, on parle d’orage géomagnétique (échelle G1–G5), visible même depuis l’Écosse ou le nord des États-Unis.

Attention : le Kp est une moyenne sur 3 heures pour toute la planète. L’aurore peut « exploser » pendant un quart d’heure même avec un Kp faible – c’est pourquoi nous affichons la mesure « maintenant » à côté de la prévision.

0–1 calme2 calme, mais visible3–4 actif5 orage G16 G27 G38–9 G4–G5
Magnétomètre (ΔX, nT)l’aurore commence-t-elle en ce moment ?

Un capteur de champ magnétique au sol. Quand un fort courant auroral (l’électrojet) circule au-dessus de la station, la composante nord du champ (X) s’écarte de son niveau calme – en général vers le bas, de plusieurs dizaines ou centaines de nanoteslas. Le radar montre l’écart entre la dernière mesure et la médiane des dernières 24 heures, pour la station de l’Institut météorologique finlandais (FMI) la plus proche du lieu choisi (Kilpisjärvi, Masi, Kevo, Muonio, Ivalo, Ranua). Une chute brutale de 100 nT ou plus en un quart d’heure, c’est un sous-orage : l’aurore s’embrase. Par jour calme, la courbe ondule de quelques dizaines de nT, car le champ varie aussi selon l’heure de la journée.

jusqu’à 50 nT calme50–150 perturbé150–400 actifplus de 400 sous-orage
Bz (nT)le chiffre clé du « maintenant »

La composante nord–sud du champ magnétique transporté par le vent solaire. Quand elle est négative (« orientée sud »), elle se connecte au champ terrestre et laisse entrer l’énergie dans la magnétosphère – c’est là que l’aurore s’intensifie. Un Bz positif ferme la porte. Il change de minute en minute : c’est donc le Bz qu’il faut surveiller une fois dehors sous le ciel.

au-dessus de −1 calme−1 … −5 favorable−5 … −10 actifsous −10 fort
Bt (nT)l’intensité du champ magnétique du vent solaire

L’intensité totale du champ (le Bz en fait partie). Un Bt élevé signifie un fort potentiel – mais seulement si le Bz bascule vers le sud. Généralement 3–8 nT ; au passage d’une éjection de masse coronale (CME), il peut bondir à 20–40 nT.

sous 10 normal10–20 élevé20–30 fortau-dessus de 30 très fort
Vitesse (km/s) et densité (p/cm³)la force avec laquelle le vent solaire pousse sur la Terre

La vitesse indique à quelle allure les particules frappent la magnétosphère ; un flux rapide (issu d’un trou coronal ou d’une CME) apporte plus d’énergie. La densité est le nombre de protons par centimètre cube – un vent dense donne une aurore plus brillante et plus « généreuse », à condition que le Bz suive.

300–400 km/s calme400–500 élevée500–700 forteau-dessus de 700 très forte1–10 p/cm³ normaleau-dessus de 20 denseau-dessus de 40 très dense
Puissance hémisphérique (GW)l’énergie que l’aurore injecte dans l’atmosphère

Le modèle OVATION de la NOAA estime toutes les 5 minutes combien de gigawatts d’énergie l’aurore dépose dans la haute atmosphère de l’hémisphère Nord. C’est le chiffre le plus simple pour savoir « combien d’aurore il y a en ce moment » – avec environ 30 à 60 minutes d’avance, car le modèle part du vent solaire mesuré avant qu’il n’atteigne la Terre.

sous 20 GW calme20–50 modérée50–100 forteau-dessus de 100 orage
L’avance de 30 à 60 minutescomment nous connaissons le « maintenant » avant que l’aurore n’apparaisse

Le vent solaire est mesuré par une sonde de la NOAA au point L1, à environ 1,5 million de km de la Terre en direction du Soleil. À 400 km/s, vitesse typique, ce même vent nous atteint environ une heure plus tard ; à 800 km/s, une demi-heure plus tard. Le « maintenant » de cette page est donc en réalité une prévision pour la demi-heure à l’heure qui vient.

Couverture nuageuse (%)ce qui distingue vraiment un lieu d’un autre

Une prévision horaire de MET Norway pour chaque lieu, en trois couches – comme les couches « bas / moyens / hauts » des cartes de nuages de windy.com. Les nuages bas et moyens masquent complètement l’aurore et comptent en entier ; les nuages hauts (cirrus) laissent passer une aurore brillante et comptent donc pour moitié. Le pourcentage indique la part du ciel couverte. L’activité aurorale est semblable des Lofoten à Inari : ce sont donc les nuages qui décident où aller – souvent, 1 à 3 heures de route vers l’intérieur des terres suffisent pour trouver un ciel dégagé alors que la côte est sous les nuages.

0–30 % dégagé30–60 % loterie – regardez la fenêtreau-dessus de 70 % probablement pas
Obscurité et crépusculejusqu’où le soleil doit descendre

Après le coucher, le soleil descend sous l’horizon par étapes : crépuscule civil (0 à −6°), nautique (−6 à −12°) et astronomique (−12 à −18°). Une aurore faible ne se voit qu’à partir du crépuscule nautique, et vraiment bien à partir du crépuscule astronomique. La note calcule la hauteur du soleil heure par heure pour chaque lieu et compte l’obscurité progressivement : 15–50 % pendant le crépuscule civil, 50–100 % pendant le nautique, et entièrement à partir de −12°. Les heures de crépuscule sont hachurées sur le graphique. À Tromsø, il ne fait jamais complètement nuit de mi-avril à mi-août, alors qu’en décembre l’obscurité dure d’environ 15 h 40 à 7 h 40.

Lunesa phase et sa présence dans le ciel

La part du disque éclairée, et l’heure à laquelle la lune se lève ou se couche. La pleine lune éclaircit le ciel et noie une aurore faible (une aurore forte s’en moque), mais elle éclaire magnifiquement le paysage pour les photos. Ce n’est pas seulement la phase qui compte, mais le fait que la lune soit réellement dans le ciel – la note le vérifie heure par heure pour chaque lieu : sous l’horizon, la lune ne compte pas du tout, et basse (sous 10°) seulement un peu.

Obscurité du ciel (mag/arcsec²)à quel point les lumières des villes éclaircissent le ciel

Luminosité du ciel au zénith d’après un atlas de la pollution lumineuse, calculée à partir des images satellite VIIRS des lumières nocturnes de 2025. Plus le chiffre est élevé, plus le ciel est sombre : un ciel naturel sans lumière artificielle vaut environ 22,0 mag/arcsec², une banlieue environ 20, un centre-ville moins de 19. C’est un modèle, pas une mesure, et il concerne le ciel au-dessus de vous – le halo bas sur l’horizon en direction d’une ville peut être plus lumineux. La note en tire un facteur de pollution lumineuse : aucune pénalité jusqu’à environ 21,2, à peu près la moitié en centre-ville. Le bouton « Ciel sombre » au-dessus de la carte affiche toute la couche, et la fiche du lieu indique où le ciel est plus sombre à proximité.

21,8+ très sombre21,5–21,8 sombre20,9–21,5 léger halo20,0–20,9 halo marqué19,0–20,0 fort halomoins de 19 ville
Température ressentieparce que vous allez attendre des heures

La température prévue, corrigée du vent (la formule de refroidissement éolien utilisée par les services météo du Canada et des États-Unis). À −2 °C avec un vent de 10 m/s, le ressenti est d’environ −11 °C. Le vent est la règle sur la côte norvégienne, et à l’intérieur des terres le froid peut atteindre −30 °C : habillez-vous en fonction de ce chiffre, pas du thermomètre.

D’où viennent les données

Activité aurorale

NOAA SWPC – prévision de l’indice Kp, mesures du vent solaire (Bz, Bt, vitesse, densité) par la sonde au point L1 et puissance hémisphérique du modèle OVATION. FMI – magnétomètres du réseau IMAGE en direct.

Nuages, température, vent

MET Norway (Locationforecast) – nuages bas, moyens et hauts, température et vent heure par heure, séparément pour chacun des 38 lieux. Température ressentie calculée à partir du vent (refroidissement éolien).

Obscurité et lune

Le coucher et le lever du soleil, l’obscurité, la phase de la lune et sa hauteur au-dessus de l’horizon, nous les calculons nous-mêmes à partir de formules astronomiques, heure par heure pour chaque lieu. Les heures sont données à l’heure norvégienne (la même qu’en France) ; en Finlande, il est une heure de plus.

Carte

Fond de carte : OpenStreetMap (licence ODbL, simple mention de la source). Les 13 régions sont notre propre découpage : chaque point des terres appartient à la région du lieu d’observation le plus proche, s’il se trouve à 110 km au plus. La Russie est hors du radar.

Alertes et temps de trajet

Alertes météo de MET Norway, du SMHI et du FMI via le flux MeteoAlarm – uniquement les alertes terrestres, et seulement celles qui concernent les lieux du radar. Temps de trajet : itinéraires sur les routes d’OpenStreetMap (OSRM), par beau temps et sans arrêt.

Obscurité du ciel

Atlas de la pollution lumineuse – un modèle de luminosité du ciel fondé sur les lumières nocturnes VIIRS (Earth Observation Group, Payne Institute, Colorado School of Mines). Résolution d’environ 1 km.

Pour comparer en direct

SpaceWeatherLive – graphiques du Kp, vent solaire, ovale auroral, webcams. Le site affiche les mêmes données de la NOAA que nous ; nous n’intégrons pas leurs graphiques (leurs conditions d’utilisation l’interdisent), mais nous y renvoyons.

Guide des aurores

Comment chasser les aurores boréales

D’où vient la lumière dans le ciel, quels chiffres comptent vraiment, comment lire SpaceWeatherLive et les cartes de nuages, et comment organiser une nuit en voiture dans le nord de la Scandinavie.

L’aurore n’est pas une loterie. Pour la voir, quatre conditions doivent être réunies en même temps. Vous pouvez en vérifier trois sur votre téléphone – la quatrième dépend de vous.

Obscurité

Une nuit où le soleil est bien sous l’horizon, sans lampadaires. Au-delà du cercle polaire, c’est le cas de fin août à mi-avril.

Ciel dégagé

L’aurore brille à 100 km d’altitude, les nuages sont à 1–10 km. Les nuages gagnent toujours.

Activité

Le vent solaire doit « ouvrir la porte » du champ magnétique terrestre. C’est ce que vous indique le chiffre Bz.

Patience

L’aurore arrive par vagues de 10 à 30 minutes. La plupart des gens rentrent à l’hôtel un quart d’heure trop tôt.

1. D’où viennent les aurores

L’aurore est une enseigne au néon grande comme un continent. Le Soleil fournit le courant, le champ magnétique terrestre sert de câble, et la haute atmosphère est le gaz qui brille.

Le Soleil souffle en permanence un flux de particules chargées (électrons et protons) dans l’espace. C’est le vent solaire. Il met d’un jour et demi à quatre jours pour nous atteindre et emporte avec lui un morceau du champ magnétique du Soleil.

La Terre a son propre champ magnétique – un bouclier invisible appelé magnétosphère. D’habitude, le vent solaire la contourne comme l’eau d’une rivière contourne un rocher. Tout change quand le champ magnétique transporté par le vent est orienté vers le sud, à l’opposé de celui de la Terre. Les deux champs « se collent » alors (les physiciens parlent de reconnexion), le bouclier s’ouvre et l’énergie afflue dans la longue queue de la magnétosphère, du côté nuit de la Terre. De temps en temps, la queue « claque » comme un élastique tendu et projette des particules le long des lignes de champ, droit vers les pôles.

Inversez le sens du champ dans l’animation et voyez la différence.

Pourquoi l’aurore est verte – et parfois rouge ou rose

Des électrons rapides percutent des atomes d’oxygène et des molécules d’azote. L’atome touché reçoit un instant un surplus d’énergie, puis le restitue sous forme d’un éclair de lumière d’une couleur bien précise. La couleur dépend de ce que l’électron a heurté et à quelle altitude.

Rouge, 200–400 km

De l’oxygène dans un air très raréfié. Faible, surtout visible lors des orages puissants. C’est la couleur qu’on voit le plus souvent depuis des latitudes plus au sud, car de loin on n’aperçoit que le sommet de l’aurore.

Vert, 100–200 km

L’oxygène atomique. La couleur la plus brillante et celle à laquelle l’œil humain est le plus sensible. C’est 90 % de ce que vous verrez dans le Grand Nord.

Rose et violet, 80–100 km

L’azote. Il apparaît sur le bord inférieur des rideaux quand l’aurore est très active et danse vite.

À titre de comparaison : les avions volent à 11 km, et les nuages s’arrêtent encore plus bas.

Petit avertissement : à l’œil nu, une aurore faible ressemble à une traînée gris-blanc légèrement verdâtre – facile à confondre avec un nuage. Vos yeux distinguent mal les couleurs dans le noir, alors qu’un appareil photo accumule la lumière pendant plusieurs secondes. L’astuce des chasseurs : prenez une photo en mode nuit avec votre téléphone. Si le « nuage » sort vert, ce n’est pas un nuage.

2. Les chiffres à comprendre

Si vous ne retenez qu’une chose : surveillez le Bz, pas le Kp. Le Kp vous dit ce qui s’est passé ces trois dernières heures. Le Bz vous dit ce qui va se passer dans 30 à 60 minutes.

Les données du vent solaire proviennent d’un satellite placé à 1,5 million de km de la Terre, en direction du Soleil (le point L1). Le vent qui l’a dépassé nous atteint généralement 30 à 70 minutes plus tard. C’est votre seule vraie « fenêtre sur le futur ».

Simulateur : réglez la météo spatiale

Déplacez les curseurs et regardez ce qui arrive au ciel au-dessus de Tromsø. Le modèle est volontairement simplifié – il sert à développer votre intuition, pas à remplacer une prévision.

3. Prévisions : jours, heures, minutes

Une prévision d’aurores fonctionne comme une prévision d’orage : plus l’échéance est proche, plus elle est fiable. Chaque horizon de temps a sa propre source de données.

27 jours à l’avance

Le Soleil tourne sur lui-même en 27 jours environ. Si un trou coronal (une tache sombre sur les images du Soleil, d’où s’échappe un vent rapide) nous a offert des aurores il y a un mois, il est probable qu’il recommence. C’est ainsi que fonctionnent les prévisions à long terme – prenez-les comme une indication, rien de plus.

1 à 4 jours à l’avance

Deux sources d’aurores. Un trou coronal tourné vers la Terre : le vent rapide arrive en 2 à 4 jours et offre quelques nuits calmes mais fiables. Une éjection de masse coronale (CME) : un nuage de plasma projeté après une éruption, qui voyage 1 à 3 jours – elle peut vous offrir le spectacle de votre vie, ou… rien du tout si elle arrive avec un Bz orienté nord. Une éruption seule ne provoque pas d’aurore – l’important est de savoir si elle a envoyé une CME vers nous. C’est là que la prévision à 3 jours et la prévision du Kp sont utiles.

30 à 70 minutes à l’avance

Le vent passe le satellite au point L1. Dès cet instant, vous connaissez les vraies valeurs de Bz, Bt, vitesse et densité. C’est le moment clé de la décision : prendre la voiture ou aller se coucher.

Maintenant

Les magnétomètres (une chute brutale de la courbe = l’aurore s’embrase en ce moment), les webcams, la carte de l’ovale auroral et le meilleur instrument de tous – vos propres yeux tournés vers le nord.

Où en est-on du cycle solaire ? L’activité solaire monte et descend selon un rythme d’environ 11 ans. Le pic du cycle actuel, le numéro 25, a eu lieu vers 2024. Les années qui suivent le maximum sont excellentes pour les chasseurs : moins d’éruptions géantes, mais davantage de grands trous coronaux qui donnent des aurores régulières et récurrentes. En plus, autour des équinoxes (septembre–octobre et mars), le champ terrestre se « connecte » statistiquement plus facilement à celui du Soleil, et il y a donc plus d’aurores.

4. Lire SpaceWeatherLive

La page d’accueil du site ressemble à un cockpit d’avion. Pour la chasse, il vous faut quatre cadrans – le reste, c’est du contexte. Ci-dessous, un croquis de la page – cliquez sur n’importe quel panneau.

Le site a deux onglets : Auroral activity (ce qui se passe autour de la Terre – votre onglet principal) et Solar activity (ce qui se passe sur le Soleil – un aperçu des prochains jours). Les valeurs du croquis ne sont que des exemples. Le site existe aussi en français, mais les descriptions ci-dessous reprennent les libellés anglais.

La routine de trois minutes sur le site

  1. Prévision du Kp sur trois jours – un coup d’œil le matin. Pour Tromsø et la Laponie, un Kp de 2–3 donne déjà une bonne nuit : des valeurs basses ne sont donc pas une raison d’abandonner.
  2. Bz – est-il négatif, et depuis combien de temps ? Cliquez sur « More data » et regardez le graphique des 2 dernières heures. Une demi-heure de Bz négatif stable vaut mieux qu’un seul creux profond.
  3. Vitesse et Bt – plus elles sont élevées, plus l’effet est fort pour un même Bz. Le site vous indique aussi directement dans combien de minutes le vent mesuré atteindra la Terre.
  4. Auroral oval – la carte de l’ovale. La bande verte est-elle au-dessus du nord de la Scandinavie ? Tourne-t-elle au jaune ou au rouge ?
  5. Magnétomètres – quand la courbe se met à plonger, sortez. L’aurore s’embrase en ce moment même.
  6. Enfin, la phase de la lune et – en dehors du site – une carte des nuages, p. ex. sur windy.com (leçon 5).

Des alertes plutôt que de fixer l’écran. Le site propose une application et des notifications. Seuils raisonnables pour le nord de la Scandinavie : Bz sous −8 nT, Kp 4 et plus, Hemispheric Power au-dessus de 50 GW. N’oubliez pas que le réseau mobile peut être capricieux hors des localités – consultez les données avant de partir.

5. La chasse dans le nord de la Scandinavie

Tromsø, Abisko et la Laponie finlandaise se trouvent sous l’ovale auroral : il y a de l’activité presque chaque nuit. Votre adversaire n’est pas le Soleil, mais les nuages venus de l’Atlantique – et votre meilleur atout, c’est une voiture et l’envie de rouler vers l’intérieur des terres.

Quand fait-il assez sombre ?

La hauteur de chaque barre correspond à un nombre approximatif d’heures d’obscurité à Tromsø (soleil à plus de 6° sous l’horizon). Cliquez sur un mois.

Heure : l’aurore peut apparaître à tout moment après la tombée de la nuit, mais statistiquement la meilleure fenêtre est 22 h–1 h, heure norvégienne (23 h–2 h en Finlande). Prévoyez d’être sur place et prêt à 21 h 30 – et non de partir à cette heure-là. De fin novembre à mi-janvier, pendant la nuit polaire, il fait nuit dès 15 h.

Nuages : la côte ou l’intérieur des terres

L’activité aurorale est à peu près la même sur toute la zone : ce sont donc les nuages qui décident si la nuit sera réussie. Quelques règles à connaître :

  • La côte reçoit les nuages de l’Atlantique. Tromsø, Senja et les Lofoten ont des hivers doux, mais un ciel souvent couvert. Derrière les montagnes – dans les vallées de Skibotn et de Kilpisjärvi, à Abisko et au-dessus des lacs finlandais – le ciel est souvent dégagé alors que la grisaille pèse sur la mer. D’où les classiques « courses-poursuites » de Tromsø vers la Finlande.
  • Abisko est abrité des précipitations par les montagnes et compte statistiquement plus de nuits dégagées que partout ailleurs dans la région – le fameux « trou bleu » au-dessus du lac Torneträsk.
  • Cartes des nuages : le radar affiche les nuages en trois couches pour chaque lieu. Pour une vue d’ensemble, utilisez les cartes des nuages bas, moyens et hauts de windy.com, et pour la prévision d’une localité – yr.no (les mêmes données de MET Norway que celles du radar). Les nuages bas et moyens sont les pires ; une aurore brillante perce de fins nuages hauts.
  • Le magnétomètre en direct. Une fois sous le ciel, surveillez la tuile du magnétomètre dans le radar : une chute brutale de 100 nT ou plus signifie qu’un sous-orage commence.

Stratégie en voiture

  1. Choisissez une direction l’après-midi. Indiquez votre base et le temps de trajet dans le radar – le classement n’affichera que les lieux à votre portée. Si la côte est couverte, regardez les vallées de l’intérieur : depuis Tromsø, il faut environ 2 heures jusqu’à Skibotn et un peu moins de 3 jusqu’à Kilpisjärvi.
  2. Repérez votre spot de jour. Un parking ou une aire de stationnement avec une vue dégagée vers le nord, loin des lumières. De nuit, sur la neige et la glace, on ne cherche pas des embranchements sur une route inconnue.
  3. Vérifiez la route et les alertes. Norvège : vegvesen.no/trafikk (téléphone 175) – fermetures, convois, cols. Suède : trafikverket.se. Finlande : liikennetilanne.fintraffic.fi. Le radar affiche sous la carte les alertes météo de MET Norway, du SMHI et du FMI.
  4. Éteignez tout. Le moteur peut tourner pour le chauffage, mais les phares, les feux de jour et l’écran du tableau de bord ruinent votre vision nocturne et celle des autres. Vos yeux ont besoin d’environ 20 minutes dans le noir. Utilisez la lumière rouge de votre lampe frontale.
  5. Attendez avec un plan. Décidez combien de temps vous restez (p. ex. jusqu’à 1 h). Habillez-vous plus chaudement que ce qui paraît raisonnable et emportez un thermos. Un arc calme au nord se transforme souvent, après 20 à 40 minutes, en danse au-dessus de votre tête.

Sécurité – car c’est ce qui gâche le plus souvent les voyages :

  • Ne vous arrêtez jamais sur la chaussée ni sur un accotement étroit. Uniquement sur les parkings et les aires de stationnement – des poids lourds circulent la nuit sur la E6, la E8 et la E10.
  • Les rennes et les élans s’aventurent sur la route, surtout après la tombée de la nuit. Si vous en voyez au bord de la route, ralentissez – un troupeau peut rester plusieurs minutes sur la chaussée.
  • En hiver, les routes sont verglacées et couvertes de neige tassée ; les voitures de location ont des pneus hiver. Les routes de montagne comme la E8 par Skibotndalen sont parfois fermées lors des tempêtes de neige, et en hiver le dernier tronçon de la E69 vers le cap Nord ne se franchit qu’en convoi derrière un chasse-neige.
  • Le froid : à l’intérieur des terres (Kautokeino, Karasjok, Kilpisjärvi, Laponie finlandaise), −25 à −35 °C n’ont rien d’exceptionnel. Gardez le réservoir plein, des vêtements chauds dans la voiture et votre téléphone chargé – hors des grands axes, le réseau peut être capricieux.
  • Ne marchez pas sur la glace des lacs et des fjords hors des pistes balisées et damées.
  • La Norvège, la Suède et la Finlande font partie de l’espace Schengen, mais emportez une carte d’identité ou un passeport et vérifiez que votre voiture de location peut passer les frontières. La frontière russe près de Kirkenes ne se franchit qu’au poste-frontière.
  • Numéro d’urgence dans les trois pays : 112.

Lieux éprouvés

La liste des lieux avec descriptions, prévision pour cette nuit et liens Google Maps se trouve dans le radar en haut de la page : aller au classement des lieux. L’aurore est la même partout – les lieux diffèrent par le premier plan, l’obscurité et leur accessibilité en hiver.

Si vous logez à Tromsø : les lumières de la ville étouffent une aurore faible, mais 30 à 45 minutes de route jusqu’à l’île de Kvaløya (Ersfjordbotn, Grøtfjord) suffisent pour trouver une vraie obscurité. Sans voiture – prenez le bus jusqu’à la plage de Telegrafbukta ou au lac Prestvannet. En Laponie finlandaise, il fait noir juste à la sortie de la station : éloignez-vous des lumières jusqu’au lac le plus proche.

Le seul lieu officiel de ciel étoilé de la région est le parc national d’Øvre Pasvik, dans la vallée de Pasvik, à environ 100 km au sud de Kirkenes – depuis juillet 2024, le premier parc de ciel étoilé de Norvège (DarkSky International). Il n’y a aucun éclairage permanent dans tout le parc.

Les 38 lieux d’observation – descriptions courtes
Tromsø – Telegrafbukta Norvège – Troms
Un parc et une plage à la pointe sud de l’île de Tromsøya, à 10 minutes en bus du centre. Le lieu le plus simple sans voiture : de l’eau, des montagnes de l’autre côté du détroit et un ciel dégagé au-dessus de Kvaløya. À noter : Le halo de la ville noie une aurore faible – quand l’activité est basse, partez plutôt vers Kvaløya.
Tromsø – Prestvannet Norvège – Troms
Un lac au point le plus haut de Tromsøya, à 15 minutes en bus du centre. Plus sombre que le front de mer, avec des sentiers tout autour et, en hiver, une surface gelée comme premier plan. À noter : Ne marchez pas sur la glace – sur un petit lac, elle peut être mince même en plein hiver.
Ersfjordbotn Norvège – Troms
Un village au fond de l’Ersfjord, sur Kvaløya, à une demi-heure de Tromsø. Des montagnes abruptes des deux côtés et la vue dans l’axe du fjord – l’une des images d’aurore les plus photographiées de Norvège. À noter : Garez-vous uniquement sur le parking indiqué – les entrées de maisons bloquées sont une plainte fréquente des habitants.
Grøtfjord Norvège – Troms
Une plage de sable sur la côte nord de Kvaløya, à 45 minutes de Tromsø. Une vue dégagée vers le nord sur la mer et presque aucune lumière. À noter : Le dernier tronçon est une route étroite et sinueuse – roulez très prudemment après une chute de neige.
Sommarøy Norvège – Troms
Un village de pêcheurs sur des îlots au large de la côte ouest de Kvaløya, à un peu plus d’une heure de Tromsø. Des plages blanches, une eau turquoise et un horizon dégagé à l’ouest et au nord.
Lakselvbukt Norvège – Troms
Un village au fond de l’Ullsfjord, à environ 1 h 20 de Tromsø. Une large vallée entre les montagnes, plus loin des nuages venus du large – une sortie du soir très prisée.
Lyngseidet Norvège – Troms
Un village au pied des Alpes de Lyngen, accessible depuis Tromsø par le ferry Breivikeidet–Svensby ou par la route, en faisant le grand tour. Des sommets pointus et enneigés au-dessus du fjord comme premier plan. À noter : Vérifiez l’heure du dernier ferry retour – sans lui, un long détour par Nordkjosbotn vous attend.
Skibotn Norvège – Troms
Un village où la E6 rejoint la E8, au fond du Lyngenfjord, à environ 2 heures de Tromsø. La vallée de Skibotndalen est abritée des précipitations par les montagnes et souvent dégagée quand les nuages couvrent la côte – une destination classique de la chasse aux aurores. À noter : Depuis Skibotn, la E8 continue vers la Finlande (Kilpisjärvi) – elle est parfois fermée lors des tempêtes de neige.
Storslett (Nordreisa) Norvège – Troms
Une petite localité de Nordreisa, porte d’entrée de la vallée de Reisadalen et du parc national de Reisa. Un ciel sombre au-dessus de la vallée et peu de touristes.
Senja – Tungeneset Norvège – Troms
Un belvédère rocheux à l’ouest de l’île de Senja, face aux sommets déchiquetés des Okshornan (« les dents du diable ») de l’autre côté du fjord. L’une des images les plus spectaculaires de la région. À noter : Le caillebotis et les rochers peuvent être verglacés, et par tempête les vagues balaient la pointe – restez sur le sentier.
Bardufoss (Målselv) Norvège – Troms
Une localité près de l’aéroport, à Målselv, à l’intérieur des terres. De larges vallées et souvent moins de nuages que sur la côte : une bonne direction quand Tromsø est sous les nuages.
Narvik Norvège – Nordland
Une ville sur l’Ofotfjord, où la E6 rejoint la E10 – une base à mi-chemin entre les Lofoten et Abisko (1 h 15). À noter : Halo de la ville et du port – pour observer, faites quelques kilomètres vers Bjerkvik ou remontez la vallée de la E10.
Henningsvær Norvège – Nordland
Un village de pêcheurs sur des îlots au large de la côte sud d’Austvågøy, à 25 minutes de Svolvær. Des séchoirs à morue, des maisons colorées et le célèbre terrain de football sur les rochers comme premier plan.
Uttakleiv Norvège – Nordland
Une plage de galets sur la côte nord de Vestvågøy, accessible par un court tunnel. Un horizon nord dégagé sur la mer et des reflets entre les galets – un classique des Lofoten. À noter : Le parking est petit et payant, et par mauvaise visibilité on a vite fait de poser le pied sur des galets mouillés et glissants.
Hamnøy / Reine Norvège – Nordland
Des cabanes de pêcheurs rouges (rorbuer) sous les sommets abrupts de Moskenesøy, juste à côté de Reine. L’image emblématique des Lofoten, prise depuis le pont sur le Reinefjord. À noter : Ne vous arrêtez pas sur le pont ni sur le bas-côté de la E10 – le parking de Hamnøy est petit.
Andenes (Andøya) Norvège – Nordland
La pointe nord d’Andøya, dans les Vesterålen, avec la mer ouverte au nord et la base de lancement Andøya Space à proximité. Une côte sombre et un horizon bas. À noter : Le ferry pour Senja ne circule qu’en été – en hiver, on n’arrive ici que par la route, à travers les Vesterålen.
Alta Norvège – Finnmark
Une ville au fond de l’Altafjord, surnommée la « ville des aurores boréales » – le premier observatoire des aurores y a été construit, et la cathédrale des Aurores boréales se dresse au centre. Plus sèche que la côte ouest. À noter : La ville est lumineuse – pour observer, roulez 10 à 15 minutes jusqu’aux vallées autour d’Alta.
Nordkapp Norvège – Finnmark
Le plateau du cap Nord, à 71° de latitude nord, au-dessus de la mer de Barents. Austère, désert et sans aucune lumière, hormis le centre des visiteurs. À noter : En hiver, le dernier tronçon de la E69 ne se franchit qu’en convoi derrière un chasse-neige, à heures fixes – vérifiez-les avant de partir.
Kautokeino – Bredbuktnes Norvège – Finnmark
Un tronçon de la route 93 vers Alta, à environ 9 km au nord du village sami de Kautokeino (près de Bredbuktnes). C’est ici que s’arrête le halo du village : le plateau du Finnmarksvidda, un ciel immense et un froid mordant – souvent dégagé quand la côte est noyée dans les nuages. À noter : Arrêtez-vous uniquement sur les aires de stationnement. En hiver, il peut faire moins de −30 °C ici – habillez-vous comme pour une expédition et gardez le réservoir plein.
Karasjok – E6 Norvège – Finnmark
Un tronçon de la E6 vers Lakselv, à environ 7 km au nord de Karasjok – la capitale sami de la Norvège et le siège du Parlement sami. Au-delà des dernières maisons : un air sec et glacial et un ciel sombre au-dessus du plateau. À noter : Arrêtez-vous uniquement sur les aires de stationnement – la E6 est le principal axe des poids lourds vers le nord.
Kirkenes Norvège – Finnmark
Une ville sur le Varangerfjord, à quelques kilomètres de la frontière russe. Un hôtel de neige, des balades en chiens de traîneau et un ciel dégagé au-dessus du fjord. À noter : Tenez-vous à l’écart de la frontière russe – la franchir ailleurs qu’au poste-frontière est sévèrement puni, même par erreur.
Vadsø / Ekkerøy Norvège – Finnmark
Une île aux falaises peuplées d’oiseaux, reliée au continent par une digue, à 15 km de Vadsø, sur la péninsule de Varanger. Plate, déserte, avec un horizon bas au-dessus du fjord.
Abisko Suède – Norrbotten
Un village du parc national d’Abisko, au bord du lac Torneträsk. Les montagnes alentour créent le « trou bleu » – une zone abritée des précipitations qui offre statistiquement plus de nuits dégagées que partout ailleurs dans la région. L’Aurora Sky Station se trouve sur le mont Nuolja. À noter : L’Aurora Sky Station n’ouvre que certains soirs et l’entrée est payante – la rive du Torneträsk est sombre et gratuite.
Kiruna Suède – Norrbotten
La ville la plus septentrionale de Suède, avec sa mine de fer et ses centres de recherche spatiale. Le halo de la mine et de la ville, mais l’obscurité n’est qu’à 10–15 minutes de route. À noter : La ville est en cours de déplacement à cause de la mine – certaines rues du centre sont parfois fermées.
Jukkasjärvi Suède – Norrbotten
Un village sur le fleuve Torne, à 20 minutes de Kiruna, berceau de l’Icehotel. Une vallée sombre et une surface gelée comme premier plan. À noter : Ne marchez pas sur la glace du fleuve hors des pistes balisées – le courant fragilise la glace.
Kilpisjärvi Finlande – Laponie
Un village du « bras » finlandais, au bord du lac Kilpisjärvi, sous le mont Saana, à environ 3 heures de Tromsø. En altitude et souvent dégagé quand la côte norvégienne est couverte – une destination favorite des chasseurs d’aurores partis de Tromsø. À noter : La E8 par Skibotndalen est parfois fermée lors des tempêtes de neige – vérifiez la route avant de partir. En Finlande, il est une heure de plus qu’en Norvège.
Hetta (Enontekiö) Finlande – Laponie
Le village principal d’Enontekiö, au bord du lac Ounasjärvi, porte d’entrée du parc national de Pallas-Yllästunturi. Un ciel sombre et une vue dégagée sur le lac gelé.
Muonio Finlande – Laponie
Un village au bord du Muonio, la rivière frontalière, entre Levi et Kilpisjärvi. Une vallée sombre, des fermes de huskies et peu de lumières.
Levi Finlande – Laponie
La plus grande station de ski de Finlande, à 20 minutes de l’aéroport de Kittilä. Beaucoup d’hébergements, mais les pistes éclairées et le centre créent un halo. À noter : Pour observer, éloignez-vous du centre de 10 à 15 minutes de route, p. ex. jusqu’au lac Immeljärvi.
Äkäslompolo (Ylläs) Finlande – Laponie
Un village au bord du lac Äkäslompolo, sous le mont Ylläs, en lisière du parc national de Pallas-Yllästunturi. Un lac gelé avec vue sur les tunturi (collines sans arbres).
Saariselkä – Kaunispää Finlande – Laponie
Le sommet du Kaunispää (438 m) au-dessus de la station de Saariselkä, avec une route jusqu’en haut. Une vue sur tout l’horizon, au-dessus des forêts et des collines du parc national Urho-Kekkonen. À noter : La route du sommet peut être verglacée, et là-haut le vent souffle fort – la température ressentie chute vite.
Inari Finlande – Laponie
Un village sami au bord de l’immense lac Inari, avec le musée Siida. Le lac gelé s’étend jusqu’à l’horizon – une vue large et sombre dans toutes les directions. À noter : Ne vous aventurez sur la glace du lac que par des pistes balisées et damées.
Utsjoki Finlande – Laponie
La commune la plus septentrionale de Finlande, dans la vallée du Teno, à la frontière norvégienne. Très sombre, déserte et loin de toute lumière.
Rovaniemi – Ounasvaara Finlande – Laponie
La colline d’Ounasvaara, juste à l’est du centre de Rovaniemi, avec des sentiers et un belvédère sur la ville. L’option la plus simple sans voiture – en taxi ou à pied. À noter : Le halo de la ville noie une aurore faible – quand l’activité est basse, partez plutôt vers Norvajärvi.
Rovaniemi – Norvajärvi Finlande – Laponie
Un lac à environ 20 km au nord de Rovaniemi, en forêt, loin des lumières de la ville. Une surface gelée et un horizon bas – une sortie du soir très prisée.
Luosto Finlande – Laponie
Une petite station du parc national de Pyhä-Luosto, à environ une heure et demie de Rovaniemi en direction de Sodankylä. Des collines sombres, la forêt et des chalets pensés pour l’observation des aurores.
Sodankylä – Vaalajärvi Finlande – Laponie
Un tronçon de la route 80 vers Kittilä, à environ 11 km à l’ouest de Sodankylä (près de Vaalajärvi) – un village du centre de la Laponie doté d’un observatoire géophysique qui étudie les aurores. Au-delà des dernières maisons : l’obscurité totale au-dessus de la forêt. À noter : Arrêtez-vous uniquement sur les parkings et les aires de stationnement ; la nuit, les rennes sont souvent sur la route.
Kittilä – Sodankyläntie Finlande – Laponie
Un tronçon de la route 80 vers Sodankylä, à environ 9 km à l’est du village de Kittilä (à une demi-heure de Levi). La forêt, loin des lumières du village, de l’aéroport et de la station de ski – l’obscurité totale et un ciel immense. À noter : Arrêtez-vous uniquement sur les parkings et les aires de stationnement ; la nuit, les rennes sont souvent sur la route.

6. Photographier l’aurore

Il n’y a qu’une règle : l’appareil doit rester parfaitement immobile et collecter la lumière pendant quelques secondes. Le reste consiste à adapter le temps de pose à la vitesse de l’aurore.

Appareil sur trépiedTéléphone

Appareil photo : préparez tout de jour

  • Objectif : grand-angle (14–24 mm en plein format) et aussi lumineux que possible : f/1.4–f/2.8. Retirez le filtre UV – sur les photos d’aurores, il peut créer d’étranges anneaux concentriques.
  • Mise au point manuelle. L’autofocus ne fonctionne pas dans le noir. Activez la visée sur écran, zoomez sur une étoile brillante ou une lumière lointaine et tournez la bague jusqu’à ce que le point soit le plus petit possible. Vous pouvez bloquer la bague avec du ruban adhésif.
  • Mode M, format RAW, balance des blancs vers 3500–4000 K, stabilisation désactivée (elle nuit sur trépied), retardateur de 2 secondes ou télécommande.
  • Le froid dévore les batteries. Gardez-en une de rechange dans une poche intérieure. De retour dans la voiture, ne sortez pas tout de suite l’appareil du sac – il se couvrirait de buée.
  • Le premier plan fait la photo. Une cascade, une petite église, la silhouette d’une personne, un reflet dans l’eau. Un ciel vert tout seul devient vite lassant.

Téléphone : oui, à une condition

  • Gardez-le immobile. Un mini-trépied avec support, ou posez-le sur un rocher ou contre la vitre de la voiture. À main levée, vous obtiendrez une tache floue.
  • Activez le mode nuit et réglez le temps le plus long possible (sur trépied, l’iPhone permet 10–30 s ; sur Android, cherchez le mode « Pro » ou « Nuit » : ISO 1600–3200, 4–10 s, mise au point manuelle sur l’infini).
  • Désactivez le flash, utilisez un retardateur de 3 secondes et enregistrez en RAW si votre téléphone le permet.
  • Baissez au maximum la luminosité de l’écran – un écran lumineux ruine votre vision nocturne et gêne vos voisins.

Prenez quelques photos, puis rangez le matériel. Les plus beaux moments d’aurore durent quelques minutes – dommage de les regarder à travers un écran.

7. Glossaire et sites utiles

Glossaire

Vent solaire
Un flux continu de particules chargées venant du Soleil. Généralement 300–500 km/s, avec des rafales à plus de 800.
IMF, Bt et Bz
Le champ magnétique interplanétaire transporté par le vent. Bt est son intensité totale, Bz sa composante nord–sud. Un Bz négatif ouvre la magnétosphère.
Indice Kp
Une mesure mondiale, sur trois heures, de la perturbation du champ magnétique terrestre, sur une échelle de 0 à 9. À partir de Kp 5, c’est un orage géomagnétique (G1) ; Kp 9 correspond à G5.
Ovale auroral
L’anneau autour du pôle magnétique où brillent les aurores. Plus l’activité est forte, plus il s’élargit et descend vers le sud.
Sous-orage (substorm)
Une libération soudaine d’énergie depuis la queue de la magnétosphère. Elle dure 10 à 30 minutes, et c’est précisément là que l’aurore « explose » de mouvement et de couleurs.
CME
Éjection de masse coronale : un nuage de plasma projeté par le Soleil. La source des aurores les plus fortes.
Trou coronal
Une zone du Soleil d’où s’échappe un vent rapide. La source d’aurores régulières qui reviennent environ tous les 27 jours.
Point L1
Un point situé à 1,5 million de km de la Terre, en direction du Soleil, où se trouvent les satellites qui mesurent le vent solaire avant qu’il ne nous atteigne.
Hemispheric Power
Une estimation de la puissance totale des aurores sur un hémisphère, en gigawatts. Un chiffre rapide pour savoir « ce qui se passe en ce moment ».

Sites à mettre en favoris

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure période pour voir des aurores boréales à Tromsø et en Laponie ?

De fin août à mi-avril. La meilleure fenêtre se situe généralement entre 22 h et 1 h, heure norvégienne, et autour des équinoxes (septembre–octobre et mars) les aurores sont statistiquement plus fréquentes. De fin novembre à mi-janvier, Tromsø vit la nuit polaire, et on peut parfois voir l’aurore dès l’après-midi. De mai à mi-août, les nuits sont trop claires.

Quel indice Kp faut-il pour voir une aurore à Tromsø, Abisko et Rovaniemi ?

Tromsø, Abisko et Kilpisjärvi se trouvent sous l’ovale auroral : par ciel dégagé, un Kp de 1–3 suffit. À Rovaniemi et dans le sud de la Laponie finlandaise, un Kp de 2–3 ou plus aide. Les nuages et un Bz négatif du vent solaire comptent davantage que le Kp – c’est pourquoi le radar réunit toutes ces données en une seule note.

Où voir les aurores boréales près de Tromsø ?

En ville, les endroits les plus sombres sont le lac Prestvannet et la plage de Telegrafbukta, mais le halo des lumières noie une aurore faible. Pour une vraie obscurité, allez sur l’île de Kvaløya : Ersfjordbotn (environ une demi-heure de route), Grøtfjord (environ 45 minutes) et Sommarøy (un peu plus d’une heure). Quand la côte est couverte, on part vers l’intérieur des terres – à Skibotn (environ 2 heures) ou à Kilpisjärvi, en Finlande (environ 3 heures).

Tromsø, Abisko ou la Laponie finlandaise – où les chances sont-elles les meilleures ?

L’activité aurorale est semblable ; ce qui change, ce sont les nuages et le climat. La côte norvégienne a des hivers plus doux, mais davantage de nuages venus de l’Atlantique. Abisko est abrité des précipitations par les montagnes et compte statistiquement plus de nuits dégagées. La Laponie finlandaise est plus sèche et plus froide, et il fait noir juste à la sortie des stations. Chaque nuit, le radar montre où les nuages seront les plus fins, et le filtre de base où vous pourrez arriver à temps.

D’où viennent les données et à quelle fréquence sont-elles mises à jour ?

L’activité aurorale, le vent solaire et l’ovale auroral viennent de NOAA SWPC ; les nuages, la température et le vent de MET Norway ; les magnétomètres de l’Institut météorologique finlandais (FMI) ; et les alertes météo de MET Norway, du SMHI et du FMI via MeteoAlarm. Nous calculons nous-mêmes le soleil et la lune. Le vent solaire est actualisé toutes les 20 minutes, la météo de chaque lieu toutes les heures et les magnétomètres toutes les 5 minutes.

AuroraRadar.pro est-il gratuit ?

Oui. Il fonctionne dans votre navigateur, sans inscription ni application à installer, en six langues pour le nord de la Scandinavie (français, anglais, allemand, italien, espagnol et polonais) et en sept pour l’Islande. Vous pouvez l’ajouter à l’écran d’accueil de votre téléphone et l’ouvrir comme une application.